En descendant dans mon jardin… (Arnaud Beaujeu)

En descendant dans mon jardin, centranthe rouge et lilas blancs
j’ai cueilli de l’amour un brin de romarin et d’origan
une immortelle et du jasmin, centranthes rouges lilas blanc
de la santoline et du thym, romarins et seringats blancs
 
L’aubriette et la giroflée se sont perdues dans le jardin, sous les poivres d’âne et l’orpin, l’euphorbe et la grande pervenche, la vipérine faux plantain
Les coronilles entêtantes se mêlent au glaïeul des prés et couvrent de leurs feuilles aimantes l’iris et le genêt d’Espagne, le chèvrefeuille, le laurier
Les cyprès et les arbousiers, les yeuses et le pistachier s’entremêlent, s’élancent, au ciel inespéré ; l’amour s’y réenchante et le vent fait se balancer les chênes blancs, le néflier, les grands érables, le cormier
 
Marjolaine, bardane, alliaires et pavots
Pâquerettes, pas d’âne, épines, mélilots
La bourrache et la chicorée par le pré se sont mélangées
 
Aubépine, brunelle, surelles, céleri
Boucages en ombelles, faucilles et carvi
J’ai jeté quelques graines de fenouil et de salsifis
 
A gouttes fines et serrées tombe la pluie sur les fraisiers, les cerisiers, les framboisiers, tandis qu’à l’intérieur, un feu crépite et que l’osier du panier bruisse à chaque bûche retirée
L’épine vinette et l’églantier abritent le merle et la grive. Le pin d’alep et l’olivier offrent leurs bras comme une rive à la pie grièche et au geai
 
Une chenille, un frelon, un bruit d’aile, une abeille
Un mulot, un grillon, une guêpe, un papillon
Une sauterelle, un bourdon, une araignée, un scorpion
Un orvet, une sitelle, un lézard, un hanneton
 
Et si la vie était légère, l’amour chantant, l’oiseau charmant, et si du printemps à l’hiver, habillés de grâce légère, les amoureux allaient dansant
Un garçon et une fille avancent par le pré. Elle se baisse pour ramasser une herbe et fait le geste de relever une mèche autour de son oreille. Il repartent élancés
 
La sarriette le thym le baguier et le romarin
la vie nous enveloppe de ses jolis parfums
et l’amour nous emporte encore un peu plus loin
la sarriette le thym le bonheur et le romarin

(Texte paru dans la Revue Contre-allées, n°33-34, automne-hiver 2013)

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