… (A.B.)

Et rêver de forêts profondes

où s’enfoncer jusqu’à l’oubli

où se perdre jusqu’à plus soif

dans des rivières alanguies

où descendre jusqu’où s’effondrent

nos certitudes ennemies

(© Texte : Arnaud Beaujeu. Tous droits réservés)

À vau-l’eau

Délicieusement tout se délite et tout part à vau-l’eau

Être dans un cercueil ou peut-être un bateau

qui dérive sans fin juste au-dessus des flots

Délicieusement tout se délite au fil décousu des mots

(© Texte : Arnaud Beaujeu. Tous droits réservés)

Egon Schiele

Bancale

Nous sommes partis loin du village

sur des sentiers où nul ne va

jusqu’aux plateaux abandonnés

Un air d’apocalypse

s’étendait sur les champs

dans le soir déserté

Tant bien que mal

avec cette vie bancale

qu’il nous fallait continuer

(© Texte et photo : Arnaud Beaujeu. Tous droits réservés)

Si peu

De cette naissance à la mort

si peu de choses en somme

Enfance non perdue

perdue mais revenue

au coeur de la matière

Et tenir dans les mains

scellée dans la paroi

une forme animale

jusqu’à l’apparition d’un chat

(© Texte : Arnaud Beaujeu. Tous droits réservés)

Willy Ronis

Exil

Quand seule l’écriture

vous accorde une place

vous habitez le poème

comme un rempart dans la nuit

qui vous sauve de vous-même

et de tous vos ennemis

– intérieurs ou extérieurs

mensonges ou ennuis –

La lumière peut reparaître

au cœur de l’exil

Même si l’ombre vous guette

vous ne cédez au dépit

car vous savez qu’en vous-même

résiste un défi

Un royaume est ouvert

au désir accompli

(© Texte et photo : Arnaud Beaujeu. Tous droits réservés)

Et retrouver…

Et retrouver la joie de vivre

et rigoler encore un peu

comme au temps béni d’une enfance

à jamais restaurée

Et relancer le dé des mots

retenter l’élan d’une phrase

en équilibre sur le dos

ou replonger en eaux profondes

(© Texte et photo : Arnaud Beaujeu. Tous droits réservés)