Fleur d’encre (Arnaud Beaujeu)

Les doigts tachés d’indigo bleu en pressant l’encre
du muscari la vie qui se décale un peu le temps passe
et sourit
Unies dans un verre à alcool les clochettes du muscari
une ou deux pâquerettes une fleur de
pissenlit
Taches d’encre dans les fossés sur les talus
et par les prés
d’encre violette encore tachés

 

(Texte paru dans Recours au poème (site en ligne), novembre 2017)

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Une table (Arnaud Beaujeu)

Tu as une table et tu écris
Tu t’assieds sur le bord
de la mer tu cherches un horizon
la mer est ton mystère tu recherches
son nom

Il y a un lit une maison la nuit qui veille
les murs de chaux
et la vie s’ensommeille

Quand on ouvre les volets il n’y a plus
que l’horizon sur le bord
de la mer des falaises en eau profonde
Au sommet une maison

(Paru dans Recours au poème, novembre 2017)

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Paisiblement (Arnaud Beaujeu)

Je pense à un chat de Bonnard, lové pour faire la sieste. Il a trouvé le juste emplacement dans la lumière tamisée des persiennes. Son corps s’étire un court moment avant de retrouver une position confortable. Un infime reflet vert filtre entre ses paupières.

Plus besoin de bâiller. Son oreille gauche écoute le moindre de nos déplacements. Il est un monde à lui tout seul, une conscience à soi-même. A peine remue-t-il l’extrême bout de sa queue, de temps à autre, paisiblement.

 

L’image contient peut-être : nourriture

Bonnard