Vient de paraître : Pierre et Jeanne (roman), éditions d’A Côté

Pour toute commande: envoyer un chèque de 12 euros à l’ordre des Editions d’A Côté (adresse: Les Editions d’A Côté, 704 chemin des plaines – Célony, 13090 AIx-en-Provence). A.B.

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La liberté (Arnaud Beaujeu)

Au milieu d’eux tu es assis, un peu de biais

La lumière passe entre les arbres

Accoudé, tu regardes

un autre homme et ton père

reste debout dans l’embrasure

 

 

Tu es debout sur le chemin

et contre la voiture

les bras croisés tu ne dis rien

M’attendais-tu

m’attendras-tu, mon amour ?

 

 

Sous l’escalier, la liberté

les bras le long du corps

Tu vois la vie t’abandonner

tu la suis sans efforts

Cours ! La liberté

la liberté vit dans ton corps

Apprendre à danser (2) Arnaud Beaujeu

Tu chantes la lumière avec la liberté, tu déploies le réel

Tu donnes une inflexion à la ligne des jours, tu apprends à danser

 

Il y a le mouvement du monde, il y a la vitesse du vent

Il y a les danses et les rondes, il y a nos élans

 

Et danse la lumière, sur la ligne d’hiver, sur la rive des mers, sur l’horizon serein

 

La neige tombe dans la neige, les murs et branches sont bordés

De blanc, un rouge-gorge danse entre ruisseaux et fossés

 

L’hiver brille et scintille en son mystère ensoleillé

Le givre suit la branche, une goutte d’eau s’est figée

 

Et danse la lumière entre blancs et bleutés

Tu danses sur la pierre, escaladant chaque rocher

 

Le ballet des oiseaux dans la lumière du soir

T’accompagne en un mouvement de matière en suspens

 

Tu danses les étoiles, regarde l’ombre t’enlacer

Ton enfance apparaître au tourbillon des vents

 

Ta vie devient légère, ton amour plus chantant

 

Long est le tournoiement de nos images dans le temps

Apprendre à danser (Arnaud Beaujeu)

D’un mouvement de l’âme, j’attrape le réel

Comme glisse le pas majeur de l’épopée sur le sol des années

 

J’accompagne la courbe et l’orbe d’une ronde

Au rythme de ma jambe, au soleil de mon bras

 

Jusqu’à ce que, silence, l’approche de ton pas

Vienne guider ma danse et mourir au combat

 

J’esquisse un pas de danse, je rouvre cet émoi

Qui se fend d’une offense et d’un rire aux éclats

 

Image associée

 

Fleur d’encre (Arnaud Beaujeu)

Les doigts tachés d’indigo bleu en pressant l’encre
du muscari la vie qui se décale un peu le temps passe
et sourit
Unies dans un verre à alcool les clochettes du muscari
une ou deux pâquerettes une fleur de
pissenlit
Taches d’encre dans les fossés sur les talus
et par les prés
d’encre violette encore tachés

 

(Texte paru dans Recours au poème (site en ligne), novembre 2017)

Une table (Arnaud Beaujeu)

Tu as une table et tu écris
Tu t’assieds sur le bord
de la mer tu cherches un horizon
la mer est ton mystère tu recherches
son nom

Il y a un lit une maison la nuit qui veille
les murs de chaux
et la vie s’ensommeille

Quand on ouvre les volets il n’y a plus
que l’horizon sur le bord
de la mer des falaises en eau profonde
Au sommet une maison

(Paru dans Recours au poème, novembre 2017)

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Paisiblement (Arnaud Beaujeu)

Je pense à un chat de Bonnard, lové pour faire la sieste. Il a trouvé le juste emplacement dans la lumière tamisée des persiennes. Son corps s’étire un court moment avant de retrouver une position confortable. Un infime reflet vert filtre entre ses paupières.

Plus besoin de bâiller. Son oreille gauche écoute le moindre de nos déplacements. Il est un monde à lui tout seul, une conscience à soi-même. A peine remue-t-il l’extrême bout de sa queue, de temps à autre, paisiblement.

 

L’image contient peut-être : nourriture

Bonnard