Au bout de ta mémoire (extrait) / Arnaud Beaujeu

Un champ blond l’onde l’air, la candeur de l’été, des champs de blés couchés, saccagés par l’orage. Arbres au bord des routes, les talus d’un naufrage, des tunnels de verdure filent à toute allure : Ambérieu le Far-West, et bientôt, Bourg-en-Bresse… Des acacias se penchent sur le bord de la France, les rideaux flottent au vent de verdure et tu dors dans la tranquillité d’un wagon rouge et or

 

Et la laideur des faubourgs, les parkings, les barrières, les pauvres égarés, les voitures, la misère. Asphalte, crissement de roues, bitume, goudron, basalte, misère du temps qui passe et du temps mort debout

 

Le Rhône surface plane, surface criblée par la pluie

 

Week-end de la Toussaint, chacun dans sa voiture passe à travers la pluie. Les essuie-glaces effacent les brouillards de surface, l’horizon s’enfuit, de nuages en mirages, d’ondées en ennui

 

Les pêchers orangés, les vignes allongées, de rouge en vert et jaune, et de courbes en vies. La douceur des couleurs, les collines drapées de nuages légers. L’horizon s’enfuit

 

De collines en collines, de rideaux en rideaux d’arbres ou de pluie

 

(Extrait d’un texte paru dans le n°26 de la revue N47, juin 2014)

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