… (A.B.)

Des chemins mystérieux au fond de la forêt s’enfoncent jusqu’où l’on ne reviendra jamais

Un cerf y brame et nul ne sait depuis quand ni même où ils vont. Les feuilles des érables des hêtres et des chênes en ont recouvert l’horizon

Où sont les animaux cachés dans la forêt, est-ce qu’ils nous sentent et nous observent, est-ce qu’ils nous savent en danger ?

Parmi les hêtres les sapins coule une source dans la mousse. Quelle biche s’y désaltère depuis des siècles des années ?

(Arnaud Beaujeu, Tous droits réservés)

L’abbaye (A.B.)

Monter à l’échelle aujourd’hui condamnée, jusqu’aux cloches de l’abbaye, pour contempler la ville, sous leur masse de bronze

Ou contempler la nef, de biais, par la fenêtre de la chapelle Saint-Michel

L’escalier en colimaçon pour y monter, sauf le palier aux vitraux en losanges. Les piliers sont vertigineux, vus d’en haut, dans leur robe rose

Sensation lisse de la corde et froide de la pierre, pour pouvoir redescendre. Les voûtes du narthex en damier noir et blanc et les dalles immenses qui parfois sont des tombes

L’une d’elle en ovale. Coquille du bénitier. Dans l’allée latérale, toujours la Vierge noire entourée de bougies. Petit au visage d’homme

La crypte aux colonnades sur le vertige d’un puits

Mais le choeur de lumière autour du Saint-Esprit

(Arnaud Beaujeu, Tous droits réservés)

Debout les morts (A.B.)

Debout les morts, debout les corps, debout les désirs insensés, créez encore, criez encore, réveillez-vous d’un long passé

Vous saurez vivre encore et vous réinventer en d’autres formes insensées

Debout les morts, debout les corps, traversez la lumière pour venir vivre jusqu’à nous et de nouveau chanter l’incantation du verbe « aimer »

(Arnaud Beaujeu, Tous droits réservés) https://lumieretmots.com/

Rolf Ball : http://www.rolf-ball.com/oeuvres/serigraphies-65-x-50-cm/ Tous droits réservés

Ta poésie (A.B.)

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie »

Je voudrais raccrocher ma vie aux élans de couleurs, recomposer la mosaïque, réinventer d’autres histoires, récrire le vitrail de nos vies

Que la beauté nous irradie, nous enveloppe de ses lumières. Laisse-moi redire ta poésie, le miracle du souffle et de nos énergies, le rouge, le bleu, le jaune, le vert à l’infini

Traces des jours et de la nuit, laisse-moi redire ta poésie, le silence éternel, la mémoire et l’oubli

Redire ta poésie, le silence infini, ces espaces éternels, ne m’effraient plus, m’effraient

(Arnaud Beaujeu, Tous droits réservés) https://lumieretmots.com/

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Gigue (A.B.)

Vie-hors-vie, cieux-non-cieux, outre-vie, outre-danse : la mort entre elle aussi dans le carrousel des naissances : à travers les fétiches, la voilà qui s’élance

L’amour avec la mort dansent la gigue de nos vies

Ils sautillent et bondissent, trépignent et se trémoussent en une maclotte infinie

De leur étreinte sacrée, s’éveilleront la trace et le silence

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Métisse (A.B.)

Ta chevelure afro est une ode à la joie magique d’être en vie. Les motifs tournoient de ton boubou inca, bariolé de lumières. Les images remuent au rythme percutant de tes bijoux hindis

Madone de lumière, Héra ma Bambara, Pachamama Isis, déploie de tes grands bras l’envergure métisse ! Akna, Dilga, Ala, métisse encore la vie !

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L’éternité (A. Beaujeu)

« Elle est retrouvée, quoi ? L’éternité. C’est la mer allée avec le soleil. »

Lui rigole éclatant de lumière et de vent. Elle, s’étourdit de matières et de déferlements. Ils s’embrassent et traversent villages et forêts en s’y éparpillant, au hasard des rencontres et des enfantements :

« Je suis peul et je suis bysantin, et moi je suis persan, je suis aborigène et je suis élégant. Mon père était « un cas » et ma mère inuit ! Les rencontres et la vie n’ont-elles pas fait de nous des clowns métaphysiques ? »

Elle est retrouvée, quoi ? L’éternité. C’est la mer, allez, dans sa diversité de visages et de corps pétris par la poussière et le souffle solaire…

(Arnaud Beaujeu, Tous droits réservés) https://lumieretmots.com/

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