Des corps…

Des corps de toute beauté
faits pour exulter
d’amour de baignades et de joies
– massacrés par la guerre
les aînés et les pères
(honnis soient tous ceux-là)
quand le soleil d’été
continue de chanter

(© Texte : Arnaud Beaujeu. Tous droits réservés)

F. Bazille (détail)

Ecoute…

Ecoute

les heures se retourner

le temps s’éparpiller

Tant pis si ça n’a aucun sens

Le jour s’étire en défilé

jusqu’à ce qu’il se précipite

vers son point d’arrivée

(Arnaud Beaujeu, Tous droits réservés)

La forêt obscure

Revenir sur tes pas fut un peu étrange

les hirondelles viraient en frôlant le pare-brise

J’errai comme un damné dans la forêt obscure

entre les fougères, les sapins, les limaces, les mûres

(Arnaud Beaujeu, Tous droits réservés)

Gustave Doré

Vautours

Le corps nu, son cadavre

sera mangé par les vautours

Il n’y aura plus qu’un immense

incendie tout autour

Laissez partir les hirondelles

laissez mourir les cachalots

Le soleil ne sera qu’un silencieux tombeau

(© Texte et photo : Arnaud Beaujeu. Tous droits réservés)