La maison sur la mer aux colonnes d’arbres imaginaires est suspendue dans le matin éblouissant de vert. Au partage de l’horizon, le bleu ciel répond au bleu tendre de mer
Une mèche de cheveux La courbe florentine Du cou s’est prolongée Le talisman du Diable Emblème le néant Les pèlerins tombent à l’envers Jusqu’au Printemps
Au pied du Royaume solitaire Où l’Aigle ancien gouverne Sous la couronne aux dix rubis Des ciels de rêves et de lumière S’entrouvrent mais s’enfuient La Vie s’y déroule à l’envers Et le malheur s’y réfugie
Le Char de l’Âme s’élève Attelage émeraude Sous l’oeil de Saturne endormi Le Monde en sa mandorle S’y promène librement Androgyne accompli Dans le jardin des Grâces
L’horloge du Zodiaque Au centre inversé Remonte en sa descente Avec les prisonniers De la Caverne antique Lieu des déperditions sensorielles et physiques
J’irai m’asseoir sous la tonnelle à la première heure de l’aube pour écouter le rossignol chanter et regarder l’entrelacement des rutilances dans les feuilles le laurier-sauce le figuier le cade et le micocoulier
Lumière lumière es-tu celle que jadis entendit chanter un pâtre sur son banc de pierre il avait vu s’entrelacer en bras comme en branches amantes le laurier-sauce le figuier le cade et le micocoulier
Si je suis celle philomèle qu’un jour tu entendis chanter alors danse avec toutes celles qui rutilantes comme feuilles sont si jolies à regarder le laurier-sauce le figuier le cade et le micocoulier
Quand la huppe s’envole, c’est comme si une image d’école était devenue réalité. La tourterelle en croix vole au-dessus des blés. La chauve-souris se colle au mur pour se chauffer. le cri de l’épervier comme un signal d’été, une volée de moineaux dans les haies. L’aile noire et bleutée du corbeau passager des silences…